Cher lectorat, c’est de saison, me direz-vous : j’ai profité du printemps pour aller à Prague. Et figurez-vous que je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée. En effet, en cours de route, FM4 nous annonce la venue en terre kafkaïenne du Président Oreo. Après avoir rendu visite à Antho la veille, le président américain a décidé de passer le week-end avec moi. Soit, cela dit, j’avais eu l’idée avant lui. Au programme : ballades en ville, rendez-vous impromptu avec Silvio Berlusconi au pied du pont Charles, resto typique où un collègue VIE s’est fait piéger par une quantité de nourriture un brin supérieure à ce que le menu annonçait, bar puis : rendez-vous à 6h30 pour aller assister au discours du Président Obama devant le palais du président tchèque, eurosceptique au point de ne pas faire flotter le drapeau des 27 devant sa bâtisse de fonction.
Après plus de 3 heures d’attente, une interview non diffusée par France 2 et un portique de sécurité, nous arrivons sur la place : il faut se faire une raison, je suis de fort modeste taille et bien qu’étant arrivés tôt, il me sera impossible de voir Barack Obama sans monter sur les épaules d’un collègue (quand bien même, les écrans géants restaient le meilleur moyen d’apercevoir le président américain). Pour le reste, mes osselets se sont chargés de me retransmettre le discours en partie dédié au cher leader Kim, soucieux d’améliorer l’offre GSM de ses braves citoyens. Au passage, pas un mot sur l’Europe (ce n’est pas non plus son rôle cela dit) et quelques remarques sur la bravitude du peuple tchèque au travers de son histoire récente (du printemps de Prague à la révolution de velours).
Beaucoup de jeunes sont venus assister à son discours comme on irait voir Bono sur scène : d’une part, je suis un peu venu pour cette raison, d’autre part le personnage sait captiver les foules ; pas certain que Gordon Brown ait attiré autant de monde en pareil cas. Il faut dire aussi qu’Obama a savamment été présenté comme le bon Dieu en Europe et les bien-pensants se gardent volontiers d’être aussi anti-américains qu’avant de peur de passer pour des racistes. Tout au plus nous servent-ils une condescendance à peine voilée envers les noirs. Bien-pensants vous dis-je... The King is dead, long live the King : la jeunesse s’est trouvé son nouveau Bush en la personne de Benoît XVI.
Et la Slovaquie dans tout ça ? Mon pays d’adoption a reconduit le président Ivan Gasparovič pour un mandat supplémentaire. Il faut souligner qu’à l’image de l’Allemagne, gouverné par sa chancelière, les décisions politiques (hors militaires) sont prises par le premier ministre Robert Fico, qui a soutenu l’actuel président. Du coup, les présidentielles passionnent peu les foules, la moitié des votants étant abstentionniste. Un peu triste pour un pays ayant été si longtemps privé de démocratie.



Quant à moi, je continue mon voyage : ni Turquie ni Irak, je suis allé fêter ma sortie d’Egypte en France pendant quelques jours.
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