Soyez prêts : pour son premier article sur le blog, Coch’ nous signe une œuvre magistrale. Sa prose implacable rend hommage à un grand artiste découvert il y a plus de 5 ans et dont le dernier album est sorti le 15 décembre dernier. Rien à ajouter, si ce n’est de vous inviter à courir consommer Cocaïno Rap Musique Styles Libres Exclusifs Volume 1 et 2 Edition Finale.

Le Roi noir.
Nul n’est prophète en son Pays, et pourtant. La rue parle, la rue s’exprime beaucoup trop et finit par dire n’importe quoi. Pleine de contradictions, d’ambigüités parfois pesantes, de doubles discours, de poèmes dignes d’un collégien déscolarisé et d’éclairs de génie allant du passable à l’état de grâce, la rue parle trop, la rue énerve, la rue est devenue pathétique.
Elle subit depuis maintenant vingt-ans dans notre Pays un complexe d’Œdipe mal assumé mais voilà : La rue en France, à travers ceux qui choisissent le lyrisme sur percussions comme étendard revendicatif (ou pas) est devenue bon gré mal gré une exception culturelle juteuse en Europe. Le Rap Français - et par définition le rap Francophone - est à la pointe de ce qui se fait de mieux dans le genre, juste derrière les Etats-Unis. Eh oui. Un constat peut-être étonnant et dont on ne se flattera pas forcément selon son attachement musical mais pourtant simple à effectuer et qu’il est important de rappeler pour introduire son plus prodigieux trublion : Le Roi Heenok.
Attention, pas de sens péjoratif là dedans ; Un trublion n’est pas un bouffon, c’est un perturbateur, un agitateur (parfois politique) voire un contestataire, mais qui amuse.
Un trublion, c’est un peu vulgariser le personnage, et pour définir le Roi et son rapport au milieu Rap (entre autres) il faut bien plus qu’un simple vers en clash pour exposer tous les contours de la personnalité labyrinthique dans laquelle il se perd parfois lui-même.
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