
Start flying. Ca y est, j’ai retrouvé mes compatriotes. Après plusieurs semaines de perdition dues à la vague Obama, les pulsions antiaméricaines primaires ressurgissent. Qui mieux que Bush pouvait générer un tel retour en grâce de la franchouillardise ? Je le concède, un journaliste un peu aigri a aidé la France à renouer avec ses vieilles traditions.
Alors oui, on cristallise tous les maux des Etats-Unis voire du reste du monde sur le futur ancien président, on le traite de tous les noms, on lui attribue tout un tas d’atrocités plus ou moins avérées (du désordre mondial aux faiblesses des bobines d’allumage des Clio), il a été comparé à Hitler par certains, bref : un beau chef d’accusations en l’espace de 8 ans. Certes, ce n’est pas le président le plus raffiné qu’ont élu les américains ni le plus habile. Faut-il rappeler qu’on n’a pas nécessairement eu des lumières à la tête de l’Etat français ? Personne n’a le monopole des choix douteux, c’est un fait et ce billet n’est pas là pour dresser le bilan de son action depuis 2001. Après l’épisode du jour, même la progéniture de Muhammar s’en mêle : lui faire la morale quant aux Droits de l’Homme depuis la Lybie, c’est juste un peu gros.
Ce que je constate, c’est qu’on aime bien cracher sur les démocraties. Je ne me souviens pas avoir vu quelqu’un lancer quoi que ce soit sur Erich Honecker. Peut-être savait-il se tenir informé des intentions de sa plèbe… De même, peu d’agressions envers Fidel Castro ou Kim Jong Il. Ils doivent faire l’unanimité par chez eux.
Quoi qu’il en soit, lancer une chaussure sur Saddam aurait été inenvisageable. Désormais c’est possible en Irak et c’est peut-être ça le progrès. Ce journaliste pourra remercier Bush de lui avoir créé cette opportunité.